L'Association Régionale des Organismes Sociaux pour l'Habitat en Poitou-Charentes, acteur régional, partenaire local.
Elle fédère les 4 groupements départementaux d'organismes, les 24 Organismes Sociaux pour l'Habitat et SEM Habitat de Poitou-Charentes.
"Monsieur le Préfet, nous ne sommes pas magiciens!" s'exclamait en Comité Régional de l'Habitat du 1er décembre 2011 Christian RIBBE, Président de l'AROSH PC. Sur fond de réduction des aides de l'Etat, d'insuffisance des agréments, de prélèvement sur les fonds propres des organismes Hlm, d'augmentation de la TVA et de gel des aides personnelles au logement, le mouvement Hlm et ses partenaires ont souhaité rappeler que, dans le contexte de crise actuel, les dépenses consacrées au logement sont plus que jamais nécessaires pour assurer la solidarité nationale comme pour actionner les leviers qui permettront à court terme de sortir de la crise.
LE MOUVEMENT HLM MOBILISE POUR REPONDRE AUX BESOINS DE LA POPULATION
Exerçant leur rôle contra-cyclique dans cette période de crise économique, les organismes Hlm sont plus que jamais mobilisés pour répondre aux besoins en logement de la population :
En Poitou-Charentes, les investissements de la maîtrise d’ouvrage publique permettent un volume de commande annuelle au BTP s’élevant en moyenne à 300 millions d’euros, correspondant à la création ou au maintien de 4 260 emplois non délocalisables.
LES PERSPECTIVES DE FINANCEMENT DU LOGEMENT SOCIAL
Force est toutefois de constater que la politique nationale en matière de logement tend à affaiblir de façon considérable et potentiellement durable la capacité du mouvement à poursuivre, dans de bonne conditions, l’exercice de sa mission d’intérêt général :
1/ Les moyens mis à disposition des bailleurs sociaux par l’Etat se réduisent d’année en année : en Poitou-Charentes, l’enveloppe fongible est passée de 6,6 millions en 2009 à 2,9 millions en 2011 (soit – 57%). Sur la même période, les objectifs de production et droits à construire des logements sociaux ("agréments") distribués par l’Etat ont seulement baissé de 40%, et ont été concentrés sur les zones tendues où les coûts de production sont plus élevés.
En Charente-Maritime, les organismes ont atteint des capacités de production historiques, qui s’inscrivent en adéquation avec les tensions du marché et les politiques locales de l’Habitat (validées en CRH), soit environ 800 logements par an (hors opérations de renouvellement urbain dans le cadre de l'ANRU). Cette progression est due :
Alors que nous avons tout juste atteint ce niveau historique, celui-ci est mis en péril par une enveloppe fongible et un nombre d'agréments insuffisants en 2011, ceux-ci s’avérant nettement inférieurs aux capacités de production des organismes.
Cette insuffisance contraint en 2011 les organismes à accepter des conditions dégradées de financement pour pouvoir conduire leur programmation. Ils ne peuvent pas faire autrement au regard de la demande et dans la mesure où :
2/ La mise en place, en 2011, du prélèvement sur les fonds propres des organismes. Celui-ci va se traduire, pour une durée indéterminée, par un prélèvement annuel de 340 millions sur les fonds propres de l’ensemble des organismes Hlm.
La somme prélevée sur les organismes picto-charentais devrait avoisiner cette année 5 millions d’€ (estimation non-consolidée), montant nettement supérieur aux aides directes de l’Etat en Poitou-Charentes.
3/ Le taux réduit de TVA de 5,5% devrait passer à 7% à compter du 1er janvier 2012, impactant la production neuve comme les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement ou d’entretien des logements sociaux qui n’auront pas été réceptionnés au 31/12/2011.
Cette hausse aura pour conséquence un accroissement des dépenses du secteur à l’échelle nationale de 225 millions d’euros par an, qui amputera d’autant les capacités de financement des organismes.
En Poitou-Charentes, le coût envisagé de ce changement de TVA serait de 4,5 millions d’€ par an, soit 10 millions d’€ pour les opérations programmées ces 3 dernières années non-réceptionnées à ce jour (estimation macro à consolider).
4/ Le gel des aides personnelles à 1% et le report de leur revalorisation en avril 2012 entraînera mécaniquement des difficultés pour les locataires à payer leurs loyers, qui se traduiront par une augmentation des impayés, et une dégradation de la situation économique des organismes Hlm.
Ces différentes évolutions devraient amputer les organismes picto-charentais des fonds propres nécessaires au financement de 760 logements.
LES INTERROGATIONS DU MOUVEMENT HLM
Face à l’urgence de réduire la dette, la tentation est forte aujourd’hui de fonder la réduction des déficits sur une baisse drastique des dépenses en matière de logement, sans distinction quant à l’utilité sociale ou à l’activité de ces dépenses.
Or, c’est précisément dans le contexte de crise financière, économique et sociale que les dépenses en matière de logement sont plus que jamais nécessaires : pour assurer la solidarité qui seule permettra à nos concitoyens de la traverser (logement des ménages à revenus modestes, actifs, jeunes, personnes âgées), mais aussi pour actionner les leviers les plus efficaces qui permettront à court terme de sortir de cette crise tout en répondant aux enjeux de long terme (maintien d’une activité non-délocalisable, dégagement de pouvoir d’achats pour les ménages à revenus modestes, accompagnement de l’implantation et du développement d’entreprises dans les territoires en aidant les salariés à se loger…).
Le logement social constitue un investissement qui produit de l’économie réelle pour les territoires et ne creuse pas la dette publique (financement principal par l’emprunt assis sur l’épargne populaire et remboursé grâce aux loyers).
Ces éléments amènent les représentants du mouvement Hlm à interroger l’Etat sur la question des moyens nécessaires en 2012 pour financer :
Et à attirer l’attention sur l’effet négatif d’évolution permanente des règles (prélèvement, TVA etc.), rendant difficile la poursuite de stratégies ambitieuses mises en œuvre par les organismes picto-charentais.